Dimanche 26 octobre 2008
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16:07
Bien.
C'est le temps d'un petit bilan... Oui, déjà. ^^
Voilà un mois que je travaille pour cet employeur et j'ai eu le temps de constater plusieurs choses qui me chiffonnaient, une fois passée l'enthousiasme de la première prestation.
D'une part, un patron lunatique c'est assez désagréable.
Ensuite, il n'y a pas de chauffage dans mon vestiaire... Ce qui n'était pas gênant au départ le devient franchement quand on arrive à la fin octobre et qu'il fait à peine 10°C dehors.
C'est tout de même désagréable, avant de commencer à travailler de demander une somme minimale et une somme qu'on estime honnête et de finir par se voir allouer (à reculons) la somme minimale en
guise de salaire. Et de ne pas voir cette somme augmenter lorsqu'on fait un rappel voire deux (soit cinq chorégraphie au lieu des 3 prévues dans la soirée), ni même quand on reste une heure de plus
pour faire un passage supplémentaire car une table est arrivée tard.
C'est éprouvant pour les nerfs lorsque, en plus de gérer votre chorégraphie et de faire en sorte que tout le monde vous voit un peu à sa table, de devoir avoir un oeil en permanence dans le dos
pour éviter de vous télescoper avec un serveur car personne ne prend la peine d'arrêter le service pendant 4 minutes.
C'est extrêmment vexant de donner une carte de visite à des clients qui l'ont demandée et de voir votre employeur la récupérer, fort peu aimablement, et venir vous faire la morale en disant que, si
on vous demande votre carte, vous devez envoyer les gens vers lui et non prendre cette initiative. Ai-je signé un contrat d'exclusivité sans m'en rendre compte ?
A propos de contrat... C'est aussi très frustrant que l'on vous dise "oui oui je te fais un contrat" et de finalement voir ce projet repoussé toujours plus tard.
Enfin, s'il fallait une goutte pour faire déborder le vase, elle est arrivée hier soir.
J'avais commencée ma 3e chorégraphie de la soirée lorsque le patron me fait signe de me déplacer un peu vers la petite estrade en fond de salle. J'y vais, parce que c'est vrai qu'on y voit mieux et
les deux tables n'y étant pas occupées, j'y avais plus de marge de manoeuvre ! Et là, gentimment, il tire une chaise de la table et m'ordonne (oui, c'était un ordre pas une demande, il y a une
grosse différence) de monter sur la chaise : " Tiens monte là dessus !".
Je refuse.
Il insiste : "Mais ça ne craint rien je reste là !"
Je refuse plus fermement, sans me départir de mon sourire et en continuant de danser comme je le peux. Derrière moi, je sens peser le regard de la moitié du restaurant qui doit se demander ce qui
se passe. Voyant que je ne cèdes pas, le patron range la chaise et s'en va, me laissant finir toute seule mon boulot.
Lorsque je termine, je vais pour retourner au vestiaire, et donc il me demande ce qui m'a pris, je lui explique calmement que je ne monte pas sur les chaises parce que je ne suis pas gogo danseuse
et que ce n'est pas négociable. Il est très vexé, mais je ne bougerai pas d'un iota et il le sait très bien. Il essaie quand même de me faire comprendre que c'était juste pour qu'on me "voit
mieux"...
En partant le soir, je lui dis de ne plus jamais me demander ça, et encore moins en me mettant devant le fait accompli en pleine prestation. Il me répond évasivement : "Oui oui, on en reparlera de
ça."
Et bien non, nous n'en reparlerons pas.
Je ne danse pas sur les tables, ni sur les chaises et je ne secoue pas mes seins sous le nez d'un homme dont c'est l'anniversaire.
D'autant que, passé cette image déplorable que cela donnerait de moi... Imaginez ... Je me prends les pieds dans ma jupe et je tombe, je me casse une jambe. Que se passe-t-il ? Qui paie les frais
?
Et puis bon sang, je ne sais pas si vous avez déjà essayé ... Mais alors de la danse orientale sur une chaise, c'est impossible ! On ne peut pas changer de pied d'appui sans tout déséquilibrer, on
ne peut pas tourner... Autrement dit, tout ce qu'on fait sur une chaise, c'est remuer des fesses. Et ça, ce n'est pas mon boulot.
Je remercie tout de même l'immense tablée de nanas. Elles étaient supers ! Enthousiastes, adorables, fascinées et elles appréciaient visiblement ce que je faisais. J'ai eu droit à un tonerre
d'applaudissement de leur part, ce qui a entrainé tout le restaurant qui était très plein hier soir et ça m'a vraiment remonté le moral après cet épisode malheureux. Deux ou trois se sont levées
pour danser avec moi et quatre d'entre elles qui fumaient dehors quand je suis partie m'ont remerciée chaleureusement en me souhaitant bon courage pour la suite.
Un très grand merci à elles et à tous ces gens qui étaient là hier soir, parce que c'est pour des gens comme ça que j'aime danser.
En revanche, maintenant, je danse tous les samedis soirs dans un restaurant libanais à Brest.